Les premières exploitations d'argile remontent au XIXe siècle.

De l'exploitation en galeries, il ne reste que quelques vestiges.

Les carrières aujourd'hui sont à ciel ouvert.

Cette activité minière locale aura duré un siècle (de 1875 à 1975) et aura marqué la vie de nombreuses familles de la commune :

 

Témoignage d'un ancien mineur de fond Victor POUILLARD d'Ozoir la Ferrière 89 ans

Extrait du bulletin municipal d'Ozoir la Ferrière n° 18 - Décembre 1996

ETRE GLAISIER  : UN DUR METIER

GLAISIER : Appellation locale pour désigner le Mineur en Argile ou l'ensemble des personnels travaillant dans des exploitations d'extraction d'argile, les glaisières.

« J'avais onze ans lorsque ma mère s'installa avec moi à Ste Colombe, près de Provins, et c'est dans ce petit village que je passai le certificat d'études. Après quoi, je découvris les dures réalités de la vie active.

Ste Colombe possédait en 1922 d'importantes mines d'argile, matériau dont on faisait, selon sa qualité, des briques réfractaires pour les hauts-fourneaux, des tuiles, ou de la faïence... Certaines carrières étaient exploitées à ciel ouvert, d'autres couraient à des profondeurs variables.

Après avoir travaillé quatre ans en surface, je me retrouvai à 21 mètres sous terre dès que j'eus dix-huit ans. Dans les galeries, le travail, très pénible, était en outre dangereux en raison du risque d'explosion dû à un mélange d'air et de gaz. Ce dernier prenait naissance dans le bois de mine pourrissant à cause de l'humidité ambiante. C'était le « coup de mine » aussi terrible que le « coup de grisou ».

Les mineurs des glaisières, « les gueules grises » étaient payés au nombre de mètres cubes de glaise sortis. Afin de mesurer le volume extrait par chacun, des petits poteaux en bois étaient plantés régulièrement le long de galeries. Tous les quinze jours, au moment de la paye, un responsable passait. Il donnait un coup d'herminette sur le poteau correspondant à l'endroit où nous nous trouvions lors de sa visite et comptait le nombre de poteaux le séparant de celui sur lequel il avait effectué le même geste quinze jours plus tôt. Il en déduisait ainsi la distance  parcourue par chaque ouvrier.

Bien sûr, nous trichions un peu, reculant de deux ou trois mètres  l'ancien poteau entaillé.  Nous n'avions pas trop mauvaise conscience car si les salaires s'avéraient corrects, les conditions de travail imposées ne l'étaient pas. L'air, surtout, nous manquait. Il parvenait théoriquement dans les galeries au moyen d'une machine à bras située en surface et qu'un gamin actionnait...quand il ne jouait pas avec ses copains. De toute façon, les tuyaux étaient en si mauvais état qu'on n'aurait pas soufflé une allumette au bout des galeries. Les jeunes comme moi parvenaient à respirer mais les hommes plus âgés étouffaient.

Un jour, il y eut un « coup de mine » près de l'endroit où je me trouvais. Grièvement brûlé aux mains et au  visage, je vis ma peau se décoller affreusement. Un docteur me soigna à l'acide picrique puis au pyrolcol, une huile verte épatante masquant les cicatrices. Cet accident m'ayant valu de côtoyer la mort d'un peu trop près, j'eus très envie de mettre un terme à ma carrière de mineur de fond. Il me fallut pourtant redescendre et ce n'est qu'à l'âge de vingt-trois ans que je décidai d'arrêter ce dangereux métier. »